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Financer les engagements pour la forêt et le climat

Dans la plupart des pays en développement, les secteurs de la forêt et de l’utilisation des sols occupent une place centrale dans les stratégies nationales de lutte contre le changement climatique, et plus généralement dans les plans de développement. Comment s’assurer que les investissements effectués dans ces secteurs contribuent aux objectifs fixés par les contributions nationales déterminées (CND) ? Dans quelle mesure est-il possible de rediriger certains financements vers des activités contribuant de manière plus efficace aux efforts de protection des forêts et d'atténuation du changement climatique ? 

La cartographie des flux financiers publics nationaux et internationaux est un des outils qui permet d’apporter une réponse, comme le démontre une étude récente menée en Côte d'Ivoire. La méthodologie utilisée et les résultats obtenus pourraient intéresser d’autres pays ayant intégré les secteurs liés à l’utilisation des sols dans leurs contributions nationales déterminées. Le mois dernier, l'équipe de projet a partagé son expérience et les leçons apprises lors d’un webinaire, disponible en anglais et en français (voir ci-après).

La Côte d'Ivoire a déjà assisté à la disparition de la plupart de ses forêts, réduites aujourd’hui à 2% de son territoire. Or, l’État ivoirien a prévu de restaurer le couvert forestier à 20% du territoire d’ici à 2030. La restauration du couvert forestier et la mise en œuvre d’une politique de production agricole zéro-déforestation figurent parmi les mesures prises par le pays pour accomplir l’objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 28% d’ici 2030.

Ces objectifs ambitieux définissent la stratégie et le programme d’investissement du pays en ce qui concerne la réduction des émissions dues au secteur de la forêt (REDD+). Mais les moyens financiers seront-ils à la hauteur de ces ambitions ? Pour le savoir, le ministère chargé de l’environnement a souhaité cartographier les flux financiers liés à la REDD+.

Cette cartographie est basée sur l’analyse des dépenses d’investissement de 12 ministères et 15 bailleurs de fonds pour l’année 2015. Les financements alignés avec les objectifs de la REDD+ ont ainsi été recensés, mais aussi les investissements dits « gris », qui ne tiennent pas compte du risque de déforestation et pourraient même contribuer au déboisement.

Cartographie des flux financiers alignés à la REDD+ en Côte d'Ivoire

Cartographie des flux financiers alignés à la REDD+ en Côte d'Ivoire

Source: CPI

Cartographie des flux financiers alignés à la REDD+ en Côte d'Ivoire

Source: CPI

Cette étude révèle que les moyens financiers que la Côte d'Ivoire consacre aux activités de gestion durable des sols et de lutte contre la déforestation sont bien inférieurs à ce qui serait nécessaire. Elle montre aussi que le volume des financements gris d’origine nationale et internationale dépasse largement celui des financements alignés avec les objectifs de la REDD+.

Toutefois, il existe, selon cette étude, la possibilité de réaffectation d'une part non négligeable de ces fonds gris à des investissements prenant en compte le risque de déforestation et contribuant à la mise en œuvre de la stratégie REDD+ de la Côte d'Ivoire, surtout dans les secteurs de l'agriculture et de l’énergie.

L’analyse révèle que les objectifs de protection des forêts n’ont pas encore été intégrés dans les stratégies nationale et sectorielles de développement du pays, et par conséquent, ne sont pas reflétés dans les priorités de dépense de l’Etat et de ses partenaires.

L’équipe de projet a retenu parmi les enseignements tirés qu’une approche de collaboration multipartite était essentielle. Grâce au partenariat mis en place avec les ministères, l’équipe a pu avoir accès aux données budgétaires tout comme elle a pu prendre connaissance des informations hors budget et valider ses conclusions au moyen d'entretiens et d'enquêtes.

Lors du webinaire, l’équipe a également tiré les enseignement de cette expérience pour l’application de cette démarche dans d'autres pays, notamment pour mettre en œuvre les contributions déterminées au niveau national au titre de l’Accord de Paris.

L’analyse des flux financiers est une première étape vers l’amélioration de la coordination et la mise en cohérence de la planification et de l’exécution des finances publiques avec les objectifs climat des pays. Elle sert de base aux réflexion visant à concilier des priorités multiples et concurrentes de développement, favoriser l’utilisation rationnelle des ressources et justifier de nouveaux investissements, via le Fonds vert pour le climat par exemple.

Lors de la discussion qui a eu lieu pendant le webinaire, l'équipe a répondu à des questions concernant :

  • Le « verdissement » des financements gris, alimentant potentiellement la déforestation  
  • Comment identifier les besoins en financement et les combler
  • Le rôle potentiel du secteur privé, et la prise en compte des financements privés dans l’outil de cartographie
  • L'affectation de financements pour la REDD+ aux collectivités locales
  • Comment assurer la coordination intersectorielle de divers flux financiers
  • Les principales leçons de l’analyse que devraient retenir les bailleurs de fonds

Ces résultats sont issus d’une collaboration entre la Côte d’Ivoire, la Facilité UE REDD, le programme ONU REDD, Climate Policy Initiative et l’ONG Impactum. Le webinaire a été hébergé par le réseau Partenariat global LEDS.

Webinaire

Panelistes:

  • Introduction et modération– Danae Maniatis, Programme ONU-REDD
  • Introduction du projet et approche méthodologique– Adeline Dontenville, Facilité UE REDD
  • Principaux résultats, leçons apprises et prochaines étapes– Marc Daubrey, Impactum

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